SUITE DE L’ARTICLE : LA COURSE A LA PERFECTION (1)
Comme nous l’avons vu tout récemment, la recherche de la perfection constitue une motivation puissante pour beaucoup d’entre nous. En nous efforçant d’être parfaits -ou presque- nous pensons nous valoriser, à nos yeux comme aux yeux des autres. Mais cette quête de la perfection est forcément vouée à l’échec car nous avons tous des failles. Elle entraîne de l’insatisfaction et, avec elle, des comportements de compensation.
Insatisfaction et compensation
Cette insatisfaction pousse certains à vouloir se rassurer en rabaissant les autres, en les critiquant ou en les accusant. Cette attitude provoque bien sûr beaucoup de confits ! D’autres, pour soulager la frustration de ne pouvoir être parfait et le sentiment d’infériorité qui en résulte, fuient cette réalité douloureuse en consommant des substances toxiques (drogue, calmants, excitants, alcool, etc.). Ces deux manières de compenser sont dangereuses et nous empêchent de grandir, de progresser de façon constructive. Mais ce ne sont pas les seules façons de compenser qui existent. Une autre, tout aussi pernicieuse, consiste à se donner systématiquement des excuses pour se décharger de sa responsabilité et éviter ainsi tout risque de se sentir en position d’infériorité.
Un comportement très répandu
Se trouver toutes sortes de prétextes pour se déculpabiliser, pour se donner bonne conscience et avoir toujours raison, est, somme toute, un comportement très répandu. Lorsque nous tombons dans ce travers, nous prétendons que nos erreurs, nos déformations de la réalité, nos échecs, notre manque de conscience sont dus à toutes sortes de causes extérieures dont nous sommes victimes. Chaque situation, chaque fait, chaque événement, même le plus banal, constitue un prétexte, un justificatif, destiné à cautionner nos paroles ou nos actes.
Voici quelques exemples d’excuses, régulièrement invoquées, qui bloquent toute possibilité d’évoluer de façon constructive :
- J’ai beaucoup souffert, j’ai vécu des événements douloureux
dans le passé ;
- Je suis fatigué, déprimé ;
- J’ai des soucis en ce moment, je suis contrarié ;
- J’ai trop mangé, j’ai mal dormi ;
- Mon boulot me stresse ;
- Telle personne m’a agressé ;
- Il fait trop chaud ;
- Il y avait trop de monde ;
- Il ne m’a pas dit bonjour ;
- Mon père ne m’a pas assez encouragé ;
- Ma mère a favorisé mon frère…
La liste est longue et presque inépuisable. Nous pourrions ainsi citer une multitude d’autres exemples divers et variés pour illustrer cette tendance à nous chercher systématiquement des excuses.
La fuite dans les prétextes empêche la remise en question de soi
Il est clair que nous ne pouvons pas nous remettre en question en cultivant ce mode de fonctionnement. Nous nous accrochons à cette certitude que nous ne sommes pas responsables et nous accusons les autres, ou la vie, de tout ce qui nous arrive. Dans ces conditions, nous sommes incapables d’admettre que nos pensées sont peut-être fausses et qu’il nous faut vérifier leur véracité. Nous ne sommes pas en mesure de les analyser en toute conscience dans le but de nous améliorer.
En restant persuadés que nos erreurs sont provoquées par les événements extérieurs ou par les autres, nous finissons par nous déresponsabiliser complètement. Nous considérons que nous ne sommes jamais cause de rien et par conséquent nous nous positionnons toujours comme une victime en train de subir les événements. Cette attitude est malheureusement très courante. Beaucoup ne font même pas l’effort de vérifier si leurs affirmations sont vraies et se dérobent en permanence derrière leur état de faiblesse, leurs états d’âme, leur révolte, leurs souffrances, leur colère.
Reconnaitre ses erreurs est nécessaire pour progresser
Ce n’est qu’en reconnaissant nos erreurs et nos échecs et en cessant de trouver mille excuses pour les justifier, que nous parviendrons à évoluer de façon positive et à sortir grandis de nos expériences ratées et de nos insuccès. Ayons l’humilité de reconnaître que nous ne sommes pas parfaits et qu’il nous arrive de nous tromper. Accepter d’être imparfait est une leçon de sagesse et d’humilité. Pour y parvenir, il nous faut apprendre à lâcher prise et à renoncer au rêve inaccessible d’atteindre la perfection. Une fois cette étape franchie, nous serons en mesure d’analyser et de vérifier humblement et sincèrement l’exactitude de nos pensées. Nous pourrons alors les rectifier si nécessaire.
La pratique régulière de cette méthode d’autocontrôle du mental nous aidera à mettre un terme aux processus nocifs de persécution de soi tels que : « les autres me croient nul, ils cherchent à m’humilier, à me rabaisser, à me ridiculiser, ils me considèrent comme inférieur etc. »
L’apprentissage de l’analyse de nos pensées est donc la meilleure voie à emprunter pour avancer avec conscience sur le chemin qui mène à la sagesse. C’est dans cet objectif que j’ai mis au point la méthode de l’ATP. Vous trouverez cette méthode exposée en détail dans mes deux nouveaux ouvrages. Elle constitue une aide précieuse et efficace sur laquelle vous pourrez vous appuyer à chaque étape de votre progression.
© Philippe Morando 2010